INO
Assis le long du mur de la cuisine la tête dans les bras, la couverture sur le dos, Makkura dormait profondément. Un peu plus loin, sur le socle le sabre était à nouveau à sa place, brillant de
milles éclat. Le bruit, d’un gros camion résonna dans la maison et réveilla le jeune homme. Il leva lentement la tête et fixa de ses petits yeux un point invisible. Il regarda ensuite l’heure sur
la pendule : six heure. Il décida donc de se relever, emportant avec lui cette couverture couverte de sang. Il se dirigea vers un placard, prit une bouteille de saké et sortit dans l’arrière
boutique, qui donnait sur une petite impasse. Il balança son bonnet et sa couverture dans une poubelle, s’adossa au mur et bu quelques gorgées de saké pour ensuite vider la bouteille dans la
poubelle. Il alluma une cigarette, tira dessus et en recracha une fine fumer qui planait le long des murs. La cigarette finie sa course dans la poubelle et embrasa tout le contenu dans un feu de
joie. Les mains dans les poches, Makkura observa jusqu’à la dernière seconde ce spectacle de ses yeux charbon.
Il entra dans la maison, alla se doucher et se préparer pour le lycée, tout ça sans le moindre stresse ou remords. Quand l’heure de partir arriva, il descendit les escaliers, jeta un coup d’œil à Uryu qui discutait avec un client et se faufila en douce, jusqu’à la porte. Il descendit la rue et s’arrêta devant le magasin de CD, où Gin était en train de refaire la vitrine. Ils se regardèrent un moment, puis Makkura détourna son regard et d’un air blasé continua son chemin. Gin le regarda s’éloigné un sourire légèrement provocateur sur les lèvres.
Les heures passèrent lentement ce jour là au lycée. Makkura écoutait à moitié ses cours et passait la majorité de son temps à regarder le ciel par la fenêtre en faisant tourner son crayon entre ses doigts.
_ Makkura.
Le jeune homme regarda son professeur.
_ Traduisez-moi cet extrait s’il vous plait.
Makkura se leva son livre d’histoire à la main et se mit à traduire.
« La non-violence ne cherche pas à vaincre ni à humilier l'adversaire, mais à conquérir sa compréhension et son amitié. Le résistant non-violent est souvent forcé de s'exprimer par le refus de coopérer ou les boycotts, mais il sait que ce ne sont pas là des objectifs en soi. Ce sont simplement des moyens pour susciter chez l'adversaire un sentiment de honte. Il veut la rédemption et la réconciliation. La non-violence veut engendrer une communauté de frères, alors que la violence n'engendre que haine et amertume.
La non-violence refuse non seulement la violence extérieure, physique, mais aussi la violence intérieure. Le résistant non-violent est un homme qui s'interdit non seulement de frapper son adversaire, mais même de le haïr. Au centre de la doctrine de la non-violence, il y a le principe d'amour. (…) Répondre à la haine par la haine, ce serait augmenter la somme de mal qui existe déjà sur terre. Quelque part, dans l'histoire du monde, il faut que quelqu'un ait assez de bon sens et de courage moral pour briser le cercle infernal de la haine. La seule façon d'y parvenir est de fonder notre existence sur l'amour. »
Après sa lecture, Makkura s’assit sur son siège, posant sa tête au creux de sa main. Il soupira doucement et reprit ses occupations. Quand la sonnerie annonça la fin du cours, tous les élèves se mirent à bouger dans tous les sens, sortant leur repars, bavardant et blaguant sur les derniers cancans.
_ Hey, vous avez vu ça.
_ Quoi ?
_ Dans le journal. Il y a eu encore deux meurtres au sabres.
_ C’est vrai !
_ Mais oui regarder, c’est marqué ici. « Deux corps de Yakusa connu des services de police ont été retrouvé dans la nuit par une jeune femme. »
_ Ca alors ! Mais c’est dé gueux ! Y en a un dont la tête a été décapitée !
Tous les élèves qui regardaient cet article grimacèrent.
_ Selon la police, ses deux meurtres auraient été faits par la même personne qui à tué la célèbre conteuse Amaya. Les gens l’appellent l’ONI.
Makkura qui écoutait de loin la conversation, se leva brusquement, s’approcha du groupe et chopa le journal.
_ Makkura sempeï. Dit tout surpris le propriétaire du journal.
Makkura lui balança une pièce et repartit à sa place, plongeant son regard dans ce long article. Par moment une petit sourire noir se dessinait sur ses lèvres.
*L’ONI*
L’auteur de cet article, n’était autre qu’un jeune journaliste fraîchement arrivé de province et qui avait su assez vite se faire un nom dans le milieu, sous le nom de Takeshi. Ce qui faisait doucement rire Makkura, ce n’était pas le faite qu’il soit le sujet de l’article, mais que cet article était une critique de ses actes. Cet homme, le décrivait comme un barbare, voulant se faire passer comme un nouveau justicier au lieu de laisser la police faire son travaille. Ses mots cru et directe, donna une idée à notre très cher lycéen.
Makkura déchira la page, la plia et la mit dans son sac. Le cours reprirent jusqu’à quinze heure trente.
Une fois dehors, Makkura s’assit sur le banc d’un parc, s’allume une cigarette et ressort cet article. Ses yeux frétillent à chaque changement de lignes, sa boucle recrache une fumé blanche. Mais quelqu’un lui arracha la feuille des mains.
_ Voyons voir ce qui peut bien tant t’intéresser… L’ONI !
Yuki se mit à rire et redonna l’article à Makkura qui haussa un sourcil.
_ On en fait toute une histoire pour rien. Surtout ce journaliste. Dit Yuki en s’asseyant à côté de Makkura. Mais je me demande quel genre de personnes ça peut bien être.
Makkura écrasa sa cigarette et se leva, balançant son sac sur son épaule.
_ Non, laisse. Aujourd’hui je n’ai pas le temps de t’embêter. J’ai des choses à faire. Rajouta Yuki avec un petit clin d’œil.
Ce dernier se leva et s’approcha de l’oreille de Makkura, pour lui susurrer quelques mots.
_ Tu savais que dans leurs derniers moments, les gens révèlent ce qu’ils sont ?
Yuki se mit à rire à en faire glacer le sang de n’importe quels individus normaux.
_ Imagine ce qu’ils ont du ressentir ces deux idiots.
_ …
_ Ce ONI ou justicier qu’importe, me distrait bien.
Makkura arqua un sourcil.
_ Mais de toute façon dans la réalité ce n’est pas tout le temps la justice qui gagne. Se sont souvent les méchants.
Yuki repartit les mains dans les poches en chantonnant la marche funèbre. Makkura le regarda s’éloigner, tout en passant une main dans ses cheveux. Il soupira et rentra à la boutique. Uryu était assis dans le fauteuil qu’il avait tourné face à la porte. Makkura posa son sac sur une chaise et fixa le vieil homme.
_ Je dois avouer, que je ne suis pas tellement surpris par les nouvelles.
_ …
_ Je ne vais rien dire de plus jeune homme.
Uryu se leva, fouilla dans une vieille armoire et en sortit un magnifique smoking. Il le mit dans les bras de Makkura et se rassit.
_ Enfile ça. Ce soir y a du boulot.
_ …
_ Il y a une réception, où les enfants et la femme de Shisei sont invités.
Makkura fit un léger sourire.
_ Et je rentre comment ?
_ Justement, grâce à un ami, tu as été engagé en tant que pianiste à la réception. Ensuite débrouille-toi, pour t’approcher d’eux.
Makkura monta les marches et s’enferma dans la salle de bain. Il se déshabilla, prit une douche, puis enfila soigneusement son smoking.
* Même s’il me faut du temps, même si je dois en perdre le sommeil cet homme paiera les conséquences de son acte. Le prix à payer si je le croise un jour, c’est de voir rouler à terre sa foutue petite tête. Et si l’un de ses espèces de fils de putes de yakusa ont quoi que se soit à me chercher, ils y passeront tous sans aucun regret. *
Makkura se regarda dans la glace, remit en place une mèche qui le gêna et arqua un sourcil. Il descendit enfin les escaliers, enfila un manteau et salua Uryu toujours assit dans son fauteuil.
_ Makkura ! Cria Uryu.
Le jeune homme se retourna d’un air blasé. Le vieil homme se racla la gorge et montra la table de la cuisine. Makkura soupira et ouvrit son manteau. Il en sortit quelques armes et les posas sur la table. Puis sortit deux autres armes planquées dans son costume et les posas aussi sur la table. Il referma son manteau, mais Uryu se leva, s’approcha de son protégé et tendit sa main en raclant à nouveau sa gorge. Makkura le foudroya du regard, puis se baissa pour relever le pan de son pantalon et en retirer un canif qu’il posa dans la paume du vieil homme.
_ Faut bien avoir de quoi se défendre.
_ Mais bien sûr. Maintenant va à ta soirée. Dit Uryu en lui tendant une adresse.
Makkura enfonça ses mains dans les poches et sortit en claquant la porte.
* Ce vieux à vraiment les yeux partout *
Arrivé à l’adresse indiquée, Makkura fixa longuement cet immense bâtiment. Il s’approcha ensuite de la grande entrer où de nombreuses personnes assez mondaines entraient. Le portier le stoppa une main sur le torse.
_ Votre invitation Monsieur.
S’était le moment pour Makkura de changer de personnalité et de jouer avec ses talents d’acteur. Il afficha un grand sourire radieux.
_ Je suis la pianiste pour la soirée.
L’homme le regarda de la tête au pied sans aucune gêne.
_ L’entrer pour les employés se situe à l’arrière du bâtiment.
Makkura salua, le portier et longea une ruelle qui menait à l’arrière du bâtiment. Pendant quelques secondes, il leva les yeux au ciel agacé par toutes ses bonnes manières.
Un autre homme était posté à l’arrière du bâtiment. Makkura afficha un petit sourire vicieux, se disant que cette soirée soi-disant simple était bien trop bien gardé.
_ Seul les employées son autorisés à rentrer.
Makkura tendit sa carte d’identité saisit aussi tôt par l’homme. Une liste à la main, il pointa Makkura et ouvrit la porte, tout en lui redonnant sa carte. Makkura refit un sourire radieux.
_ Bon courage. Dit-il sans en penser un mot.
Il se retrouva dans un couloir où tout le personnel ne cessait de bouger dans tous les sens. Le jeune homme retira sa veste et avança au milieu de cette cohue. Un homme à lunette, tenant un carnet donnait des ordres à tous va aux gens.
_ Excuser-moi. Dit Makkura.
_ Oui.
_ Je suis le pianiste de la soirée, et j’aimerai bien savoir où aller.
_ Ah oui oui, vous tombez à pic. Vous commencez dans cinq minutes. Suivez-moi.
L’homme prit son manteau, l’accrocha à un porte manteau et marcha à toute vitesse vers une autre porte qui donnait sur une grande salle où de nombreux invité étaient déjà présents.
_ Vous voyez cette petite extrade à droite. Dit L’homme en tendant son doigt.
_ Oui.
_ Et bien ce magnifique piano ici présent est à votre disposition pour toute la soirée.
_ Merci beaucoup.
_ Je compte sur vous.
L’homme partit aussi vite qu’il dit ses derniers mots. Makkura d’un pas déterminé s’avança jusqu’au piano. Il s’assit juste en face, monta légèrement ses manches, respira un coup et posa lentement ses longs doigts sur les touches faisant résonner une douce mélodie. Les dames se tournèrent, un verre à la main vers ce jeune pianiste, qui affichait un magnifique sourire. Pendant une bonne heure, la salle ne cessait de se remplire sous les notes de Makkura. Le jeune homme, regardait une par une chaque tête, chaque sourire et regards. Les femmes étaient couvertes de parures, les hommes parlaient affaires et portaient les dernières montres à la mode. Tous de riches industriels qui avaient fais fortune de manières assez douteuse. Quand soudain l’homme qui annonçait le nom des invités, tapa dans les mains annonçant les principaux invités. Tout le monde se tourna vers les grands escaliers et Makkura s’arrêta de jouer.
_ Mme MAEDA. Femme de Mr Shisei MAEDA.
Une belle femme, vêtu d’une longue robe blanche descendit les marches avec grâce.
_ Mr Rinji MAEDA. Fils cadet de Mr Shisei MAEDA.
Un jeune homme vêtu d’un simple smoking descendit tranquillement le grand escalier. A première vue, Makkura lui aurait donné 14 ans.
_ Mr Yuki MAEDA. Fils aîné et héritier de Mr Shisei MAEDA.
Les yeux de Makkura furent remplit de surprise durant quelques secondes. Ce jeune homme qui descendait les escaliers n’était qu’autre que cet emmerdeur de Lycéen. Yuki était le fils aîné de Shisei.
Les gens saluèrent la famille MAEDA. Yuki leurs faisaient de grands sourires, gardant de bonnes manières. Derrière lui, des hommes de mains habillés de noirs le suivaient comme des toutous. Des Yakusa dévoués à sa cause. Makkura, se remit à jouer ne quittant pas des yeux Yuki qui parlait avec un homme d’affaire. Ce dernier, semblait légèrement stressé. Il sortit un mouchoir et le passa sur son front faisant un signe de tête à Yuki qui affichait un grand sourire hautin. Yuki posa une main sur l’épaule de l’homme et se pencha à son oreille pour lui susurrer quelques mots. Mais son regard croisa celui de Makkura. Le jeune pianiste continua sa prestation jetant par moment de petits regards à Yuki occupé de régler certaines affaires. A parement ce dernier semblait très investit dans les affaires de son père.
La soirée fut longue, très très longue au goût de Makkura. Quand une heure du matin sonna, le deuxième pianiste le remplaça. Il descendit de l’estrade, alla dans le couloir des employés, prit son manteau et s’installa dans la petite impasse située derrière l’immeuble. Il s’adossa à un vieux mur tagué et alluma un clope. Levant lentement sa tête vers le ciel noir, il laissa sortir la fumé blanche. Il regarda ensuite, l’homme de garde et se mit à sourire, mais d’un seul coup ce dernier se redressa un petit sourire nerveux sur le visage. La silhouette d’un homme vêtu d’un long manteau noir se dessinait dans l’ombre. Le garde se prosterna devant la silhouette.
_ Mr MAEDA.
_ Tu peux disposer quelques minutes Nikki.
Un sourire malicieux se dessina sur les lèvres de Makkura qui reconnu la voix de Yuki. Le jeune yakusa s’approcha de lui une cigarette à la main. Il s’installa juste à côté de Makkura qui continuait à tirer sur sa cigarette.
_ Je ne savais pas que tu souriais. Dit Yuki en rigolant.
_ …
_ Quel bon comédien tu fais devant les gens.
Makkura jeta un petit regard noir à Yuki qui lui répondit à un petit sourire.
_ Et moi, je ne savais pas que tu étais le fils d’un chef yakusa. Dit Makkura en écrasant sa cigarette sous sa chaussure.
_ On a tous nos secrets.
_ …
_ Comprends-tu maintenant pourquoi il serait avantageux pour toi d’être à mes côtés ?
Yuki jeta sa cigarette au loin et s’approcha de Makkura, un sourire vicieux aux lèvres.
_ Très beau costume Makkura. Dit-il en passant sa main sur la cravate de ce dernier.
_ …
_ Tu n’as pas envie de sentir l’adrénaline monter en toi. Cette adrénaline que nous procure…
_ Le danger ?
Yuki se pencha vers l’oreille de Makkura et lui lécha le lobe.
_ J’ai tout de suite remarqué que tu étais différent des autres étudiants. J’ai toujours eu le coup d’œil pour ça. Susurra t-il.
_ J’ai peut être un certain penchant pour le danger, mais je ne…
_ Comme je te comprends mon petit Makkura. Coupa Yuki en lui mordillant l’oreille.
_ …
Yuki arrêta son petit manège et attrapa la cravate de Makkura pour la serrer autour du cou. Makkura posa ses mains sur celles de Yuki qui affichait un sourire sadique.
_ On m’a toujours dit que j’étais jeune pour faire ce que je fais. Mais…
_ …
_ Je suis peut être jeune, mais je compense l’handicape de mon âge par ma cruauté démentiel.
Yuki serra un peu plus la cravate, rendant le visage de Makkura de plus en plus rouge. Ce dernier enfonça ses ongles dans les mains de Yuki qui ne lâchait pas prise.
_ Makkura réfléchit encore à ma proposition. Je te veux.
_ …
_ Tu verras ce qu’est réellement la puissance et le pouvoir avec moi.
Yuki lâcha enfin Makkura qui tomba à terre en toussant. Le yakusa, s’accroupit à la hauteur de Makkura et voulu lui saisi son visage, mais ce dernier le stoppa violemment en lui attrapant le poignet et lui foutant un pain. La tête de Yuki bascula légèrement en arrière sur le coup. Il s’essuya la lèvre et se mit à rire.
_ C’est ça que j’aime chez toi petit Makkura. Cette violence qui boue au font de toi et que tu essayes de cacher.
Yuki posa sa main libre sur le poignet de Makkura qui serrait fermement le poignet de son adversaire. Il émit une forte pression et Makkura lâcha prise. Toujours le sourire aux lèvres, Yuki se leva et fit un clin d’œil à Makkura.
_ La façon dont tes sentiments se traduisent sur ton visage me fascine toujours autant.
_ …
_ On se voit demain. Là j’ai des choses à faire.
Yuki, rentra par la porte des employées, laissant à terre Makkura dans cette impasse salle et sombre.
* La violence et la démence sont des poisons qui s’empare de nous. Yuki… tu es le fils de la personne qui a prit la vie de mes parents. En me disant tout ça qu’espères-tu ? Même si j’accepte d’entrer dans ton jeu qui deviendra assez vite le mien. Tu vas te sentir un peu seul à mes côtés. *
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