Je ne saurais exactement comment tout c’est passé. Ca été si
vite, si surprenant que j’ai bien du mal à remettre tout en ordre ces images. Pourtant je me rappelle clairement des battements de mon cœur qui
résonnait dans ma tête, mes yeux s’étaient fermés, mes dents étaient serrées les une contre les autres au point de les faire grincer. J’ai cru durant
un instant que j’allais suffoquer sous cette main ferme et gantée. Une odeur de cuire venait jusqu’à mes narines dilatées.
Moi qui ne suis pas croyant, je priais tous les dieux, je les suppliais d’écourter ce moment de tension. Je
n’avais jamais vécu un tel suspense. Se fera prendre, se fera pas prendre ? J’ai avais l’impression que mon corps tombait en avant mais cette main me retenait fermement tout en me plaquant
dans l’ombre d’un mur. Nous faisant le plus discret possible. On devait se fondre dans le décor.
J’entendis le claquement d’une porte au loin puis le moteur d’une voiture de luxe. Soudain je sentis le sol
s’écrouler sous mes pieds et me retrouva à terre. Posant mes mains au sol, la tête légèrement penché, fixant le tapis sur lequel je me retrouvais j’essaye de reprendre mon calme. L’odeur du cuir
était toujours présente et levant les yeux, me retrouvant face à deux jambes, j’émis un rire nerveux pour ensuite regarder cet homme cagoulé.
Croyez moi ou non, nous étions deux voleurs dans cette maison. Deux voleurs qui s’étaient retrouvés en
tête-à-tête dans cette magnifique baraque d’un grand chirurgien. Ce même chirurgien qui avait décidé aujourd’hui de changer ses habitudes et était revenu chercher quelque chose chez lui pendant
notre petite escapade. Putain d’imprévu de merde !
Je me relevais enfin alors qu’une l’horloge se mit à sonner indiquant sur son cadrant 15h. Nous étions en
plein milieu de l’après-midi et je me retrouvais face à un de mes concurrents. J’hésitais à le remercier pour nous avoir fait tapisser dans l’ombre et ne pas se faire prendre par le propriétaire
de la maison ou à lui mettre un poing dans sa gueule et partir avec le sac qu’il tenait. J’étais peut être tout jeune et nouveau dans le milieu mais on ne marchait pas comme ça sur mes plates
bande. J’attrapais mon sac et me retournais lâchant un simplement remerciement.
- Tu ne devrais pas. Me dit L’homme en riant doucement.
L’homme masqué ne dit rien et m’attrapa par le bras, s’empara de mon sac et partit en courant. OHHH LE
SALOP ! S’ETAIT MON IDEE CA !
Serrant les poings, je me mets à courir à travers la baraque, le poursuivant. Il passe la porte vitrée donnant
sur le jardin. Mettant des obstacles sur ma route, balançant des pots de fleurs que j’évite, cet homme est vraiment rapide. D’un seul coup, il s’arrêta alors que j’étais prêt à bondir sur lui, il
tira le tuyau d’arrosage, dans le quel mes pieds s’empiètent dedans. Je m’écroule comme une grosse merde et l’homme continue sa route. Sur le ventre, les yeux rivés sur lui, il se retourne un
instant et retire d’un seul coup sa cagoule. J’eu juste le temps d’ouvrir grand les yeux, et d’apercevoir ses magnifiques yeux bleus qui me firent un clin d’œil. Et c’est en un battement de cil
qu’il disparut derrière ce grand mur de pierre. Mais quel SALOP !
Je me mets à taper du poing comme un con, devenant à coup sûr rouge comme une tomate.
- Fait chier !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Oups… Héhé… Pas très discret tout ça. Je me relève, et m’immisce discrétos dans la rue l’air de rien. Un petit
sourire par si et par-là. J’aide à traverser une grand-mère et voilà le travail est fait. Je suis un habitant de cette ville. Rien à avoir avec un voleur, je vous le jure. A force de jurer de
cette manière je suis sûr qu’il m’arrivera une autre crasse un de ces jours. Grrrr… Connard de voleur de mé deux ! On devrait tous les mettre en taule!
…. Bon Okay… Tous en taule sauf moi bien sûr.
Mettant mes mains dans les poches de mon pantalon, je marmonne des choses incompréhensibles dans ma barbe.
ARRRRGGGG !!!! Y a pas plus incompétent que moi ! Mais quel idiot je fais, c’est ça de vouloir être trop respectueux !
Arrivé devant mon vieil immeuble. Je monte une par une les marches qui grincent essayant de faire le moins de
bruit possible puis entant d’un seul coup un hurlement.
- DALLLLYYY !!!!
Zut et flutte et re zut ! Voilà le proprio qui vient de me griller.
- Petit merdeux ! Viens ici que je te botte le derrière.
J’affiche une grand sourire en me retournant puis me met à rire en voyant ce vieux loubard en train de brandir
sa canne.
- Tu me dois un loyer !
Je soupire puis grimpe les escaliers sans dire un mot.
- Non mais ! Mon loyer !
Le vieux se met à grimper les marches, j’accélère le pas. Franchement, c’est qu’il grimpe vite celui là. Sa
canne je me demande bien a quoi elle sert. Hum… Mais bien sûr ! A se débarrasser de petits merdeux de mon genre. Accélérant encore plus mes pas dans le couloir, le vieillard hurle de plus en
plus fort. Certains voisins ouvrent leur porte pour voir ce qu’ils se passent. Je m’enferme dans mon studio et soupire. Enfin tranquille… Et non… On tambourine à ma porte.
- Daly Mon loyer!
- Promis, je vous le donne bientôt.
- Je le veux dans deux semaines maximums pas plus !
- …
- Sinon j’appelle les flics pour faire bouger ton derrière de petit branleur !
Je soupire à nouveau quand le calme est revenu. A coup sûr, il ne va pas me lâcher de si tôt celui-là. Je
retire ma veste et m’écroule sur mon lit. Bienvenu dans mon palace… Enfin dans mon studio qui pue… Qui pue un peu moins chaque jour quand même… Les murs s’effritent, les canalisations font un
bruit infernal et je vous en passe.
J’aurais réussi mon coup, j’aurais eu de quoi payer mon loyer ce soir. Si je chope ce mec, je fais un malheur.
Lui qui a l’air de temps aimer les bijoux, je lui briserai ses bijoux de famille ! J’ai clairement dans ma tête l’image de tes yeux. Si je te croise, tu peux être sûr que je te reconnaîtrai
et à ce moment je serais pire qu’un rapace. Mais faut déjà que je le trouve, la ville est tellement grande… Je suis bien trop fier pour laisser
passer ça… Comment faire.
Non mais ! C’est pas bientôt fini ce bordel ! Les voisins du dessus qui baisent à longueur de
journée m’empêchent de réfléchir.
- Bordel de merde! Vous en avez pas
marre!!! Y en a qui ont besoin de calme ici !!!
- Ou de baise. Disent deux voix moqueuse.
Et paf ! Prend ça dans les dents Daly. Bande Bip, je vais les BIP et BIP par s’que BIP BIP BIP… Désoler,
pour le langage mais c’est vraiment pas mon jour. Je suis un gros pouasseux. Ne me parler plus du 5 Avril ou je fais un malheur !
Plus tard
Il m’arrive souvent
le soir de traîner dans les ruelles mal famées de la ville. C’est là où j’ai grandi, c’est là où ma vie a commencé. De sombres rues, taguées, sales, envahit par la misère et les truands. C’est à
cet endroit que les proxénètes recrutent de pauvres jeunes hommes et jeune femmes pour le business. Après tout, tout est un choix. Nous ne sommes jamais obligés de faire quelque chose. Si nous
sommes à tel endroit, si nous faisons tel chose, ce fut de notre propre initiative. Les gens qui rejettent leur misère sur le dos des autres me font bien rire. Assumons qui nous sommes et où nous
en sommes, car nous sommes nos propres maîtres.
Aujourd’hui, je ne suis pas dans ces ruelles. Petit changement dans mes habitudes si monotones. Je suis dans
les grandes rues touristique lieu idéal pour un voleur. Ces touristes sont blindés de fric et de bijoux en tout genre, le paradis pour tous pickpockets. Mes doigts en tremblent déjà de plaisir à
la vue de ces femmes et leur parure. Peut être que ce soir j’aurais de quoi payer mon loyer et se sera la belle vie. Tient tient, allons au milieu de cette foule attroupé autour d’un artiste de
rue. Je les aime cela. Ils ne peuvent pas savoir à quel point ils nous aident dans nos petites affaires. Et hop, un portefeuille par si, un bracelet et une montre par-là, un autre portefeuille…
Je sors sous les applaudissements des gens. Merci merci héhé… Je sais que ceci m’est pas adressé mais je suis un artiste dans mon genre. Voler c’est tout un art je vous dis !
Sourire aux lèvres je continue ma petite promenade nocturne, et BAM ! Je me prends de plein fouet
quelqu’un. Mais c’est pas possible ! Ils veulent tous me voir à l’hosto ! Et puis Grrrrrrrrrrr
- Hey ! mais il…hgsviqjjdln
- Quoi ?
Je me retrouve devant un mec. Le genre si vous vous approchez de moi, je vous jetterai un mauvais sort,
j’ aodre Satan et toi mon petit Daly je vais te bouffer tout cru. Ce n’est pas un
gothique, non rien à voir. C’est ses yeux noirs, qui me font BRRRR… Pas facile le mec.
- Tu viens de me bousculer.
Il me regarde de la tête aux pieds puis esquisse un faible sourire.
- Désolé.
Je me frotte l’épaule puis m’apprête à partir quand un raclement de gorge m’arrête.
- Je crois que vous avez fait tomber quelque chose. Me dit-il en me montrant plusieurs portes
feuilles.
Je grimace un peu et ramasse précipitamment le tout. Mais quel con ! C’est officiel de chez officiel, je
suis Mister Catastrophe catégorie poids lourd. Je me relève, frotte la nuque et me met à rire nerveusement. L’homme croise les bras et affiche un sourire rieur et un regard
soupçonneux.
- Euh… Tu viens d’où ?
- Moi de partout et de nul part.
Hum… Je suis un gros nerveux et me voilà à vouloir taper la discussion avec ce mec, histoire qu’il ne dise
rien ou du moins qu’il ne ce face pas une mauvaise idée sur moi. Enfin non, c’est pas s’que je veux dire, au contraire il faut qu’il ce face une fausse idée à mon propos. En tout cas, la
conversation est complètement pathétique…
- Okay… Bon bin salut.. !
Je me mets à marcher à grand pas quand une main se pause sur mon épaule et me stop.
- Pas avant de m’avoir rendu mon portefeuille.
GLUP… Héhé… Portefeuille dit-il ? Quel portefeuille… Ah oui… Grand sourire aux lèvres, je me retourne et
lui tend son portefeuille, les membres crispés.
- Tient…
- Merci.
- …
- T’es plutôt pas doué dans ton genre. Dit-il en rangeant son portefeuille.
- Hey! Oh !
- Quoi ?
- Non rien… Dis-je en balbutiant.
- La prochaine fois soit plus discret, on dirait un éléphant dans une boutique de porcelaine.
- Qu’est ce que tu y connais ?
- Rien du tout. Tu t’es juste fais griller.
Il se retourne et reprend sa route. Il a rien dit d’autre. Il m’a même pas chopé et emmené voir le flic, il
m’a même pas cassé la gueule. Juste une leçon de morale. Une brève leçon qui me rabaisse au niveau de tu es vraiment un minable. La seule chose que tu croyais plus ou moins bien faire et bin tu
ne t’en sors pas aussi bien que ça. ARG ! Putain de journée de merde ! Déprime…
ET puis zut ! Je fais ce que je veux. Je me complais dans ce que je fais et je suis heureux ainsi. Ma
petite vie de délinquant et de dépravé me plait. Je vous le jure… Je suis peut être pas l’homme le plus riche du monde. J’ai peut être pas tout ce
que je veux mais je suis libre. Je vis comme bon me semble suivant les lignes tracées par mes rêves.
Avril qu’es-tu en train de me faire subir ? Tout bourgeonne et renaît et moi je reste le même comme si
la fleur qui était en moi avait éclot depuis bien longtemps. Chacune de ses pétales représente ma conception du bonheur. La première est la plus importante. Ma liberté…
Il ne me reste plus qu’à rentrer tranquillos dans mon palace et entendre toute la nuit mes voisins
fourniquer. J’enfonce mes mains dans les poches de mon manteau souriant au passage à un beau gosse. Puis je me fige sur place. Oh le salop ! Oui j’adore cette insulte s’en est une parmi tant
d’autres. Ce fils de pute de Satan m’a volé mon porte feuille !
- Waaaaaaaaaaaa !!! Je vais le tuer !!!
Une deuxième sur ma liste noir. J’vais devenir tueur à
gage si ça continue. Et comme prévu, ce connard n’est plus dans la place. Baka baka baka !!! Pauvre de moi!